Un itinéraire

Artiste irréductible à toute école ou tout mouvement, Pierre Breillat aime se présenter comme un fabricant de laissés pour compte. De fait, les poèmes-objets, les assemblages et collages, les sculptures-totems abondent dans son œuvre.

Rouille, boulons, fentes, brisures, éruptions et bouillonnements sont inscrits et inclus dans l'argile.

Ses dessins et ses lavis rehaussés aux accords légers sont autant de poésies et de traces de ses lointains voyages.

Du Japon, il lui reste l'éloge du vide, ce presque rien (pour nous) qui est un monde qu'il faut chercher dans la nature et finalement dans l'art.

Du Soleil Levant, il a essentiellement retenu les enseignements techniques bien sûr, mais après un tel séjour, il lui reste aussi une construction humaine et poétique indéniable. 

 

Né en 1953 au seuil du Marais Poitevin, Pierre Breillat

passe son enfance dans la brousse de Madagascar.

De retour en France, il est initié au dessin par son père et fréquente l'Académie de Montparnasse.

 

1970 / 1972. Etudes de dessin et gravure taille douce à l'Ecole Estienne de Paris.

 

1972 / 1975. Débute son apprentissage de céramique dans divers ateliers de France ( La Borne, St Amand en Puisaye...) et de Suisse.

Devant les difficultés pour accéder aux connaissances théoriques, il décide de partir pour le Japon pour compléter sa formation.

 

1975. Départ pour le Japon en Transsibérien.

Arrivé au Japon, commence comme disciple de

Me Nakano à Kasama.

Complète ses connaissances en tournage, tournassage et s'initie aux cuissons fuel lourd et bois.

Participe à la construction d'un Noborigama à huit chambres.

 

1976. Voyage en Corée sur divers sites d'anciens fours.

De retour au Japon, il s'installe à Kyoto.

 

1977. Devenu disciple de Me Kusubé, (Trésor National Vivant), il suit ce dernier comme assistant lors de sa grande rétrospective au Musée des Arts Décoratifs de Paris. (en Mars).

Optimisant son séjour en France, il construit un four à gaz de 2m3 pour l'atelier Zwigart de Chaville.

De retour à Kyoto, il entre comme ouvrier décorateur aux Ets Matsuda.

En dehors des heures de travail, il s'initie à la calligraphie et au sumié, sorte de détrempé à l'encre de chine.

 

1979. Il obtient une bourse du Ministère de la Culture pour une durée de 18 mois.

Premier étranger à postuler depuis la création (en 1900) de l'Institut de Recherche Technologique de Kyoto, il est reçu sur concours en année de spécialisation.

Dans un contexte très privilégié, il étudie la chimie minérale appliquée aux émaux et réalise en 18 mois, plus de 10 000 essais de bases et de couleurs comme les céladons, les tenmoku, les rouges de cuivre...

Il obtient son diplôme après la soutenance d'un mémoire sur les

« crypto-cristallisations en phase vitreuse ».

 

1981 / 1982. Invité par le Service Culturel de l'Ambassade de France à Pékin, il voyage en Chine Populaire sur divers sites archéologiques.

De retour en France, il collabore chez Reinbold SA qui commercialise les Kaolins du Morbihan auprès des porcelainiers européens.

Collaboration également avec la société danoise Dankiln qui conçoit des fours expérimentaux.

Il sera chef des ventes dans la Société Loisirs Céram.

 

1982. Il ouvre enfin son atelier après dix ans d'un voyage initiatique qui lui aura donné une formation solide et éclectique.

Depuis, il axe son travail sur une production artistique, de la formation professionnelle et des ateliers pour enfants ou handicapés.

 

1984. Participe au projet japonais Céramic Valley "France Musashi" à Aulnay (60). Ce projet conjoint entre Japon et France, avait pour mission de lancer un pôle Céramique dans le Beauvaisis.

 

2001. Il emménage dans les anciennes écuries du château de Moulignon à St Fargeau Ponthierry.

Il crée un "collectif " qui accueillera des céramistes d'horizons divers.

Participer à cette émulation permettra au collectif de partager des matériels et des savoir-faire. Pierre organisera de nombreuses manifestations et 4 marchés de potiers au cours de ces 10 années.


2008~2014  Il devient Expert Rapporteur auprès de    l'Institut National des Métiers d'Art à Paris.

 

2013  Il est finaliste au Concours de Meilleur Ouvrier de France.

Il transmet l'atelier au collectif et déménage dans le Poitou. 

 

Bonheur...

Un plaisir jamais émoussé : le matin, à peine arrivé, Pierre entrouvre le four encore chaud, entrevoit les premières pièces et écoute le chant des émaux qui craquellent.

Il nomme ce moment éphémère

« les trois secondes de bonheur »...

 

 


© Copyright 2014- Pierre Breillat - n° siret : 32299734700057

 

 

Une créatrice de bijoux pas comme les autres....A visiter absolument dans la région.

Nelly Hay

perledeterre.fr

 

Pierre devant ses "trois sièges" pour le Concours du Meilleur Ouvrier de France.
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Pierre explique sa conception de la peinture
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